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  • Ralph Maingrette

Le racisme systémique c'est quoi?

Ce billet s’inscrit dans une série de billets sur le racisme systémique en entreprise que nous publions en lien avec la 3e édition du Design Thinking Jam portée par la Jeune Chambre de commerce de Montréal en partenariat avec la Maison d’Haïti et le Groupe 3737, qui aura lieu le 12 novembre prochain.

Inscrivez-vous ici : https://www.eventbrite.ca/e/125662390593

Comprendre (pour mieux définir) le racisme systémique semble être un défi en soi. Si les derniers mois nous ont appris quelque chose, c’est bien qu’il n’y a pas de consensus autour de sa définition ou de sa compréhension. De plus, il semble exister un enjeu dans le fait d’admettre que le racisme systémique est une réalité dont le Québec ne se sauve pas, malgré toutes ces bonnes intentions.

Le racisme systémique: c’est quoi?

Il est d’abord important de ne pas confondre « systémique » avec « systématique ».

« Systématique » poserait la question à savoir si tous les Québécois.e.s sont ou ne sont pas racistes. Là n’est pas la question de ce billet.

Le terme « systémique » parle plutôt d’une structure qui se perpétue dans le temps et dont la contribution à ce système est bien souvent inconsciente. En 2019, la Commission des droits de la personne et de la jeunesse a présenté la définition suivante :

Une production sociale d’une inégalité fondée sur la race dans les décisions dont les gens font l’objet et les traitements qui leur sont dispensés. L’inégalité raciale est le résultat de l’organisation de la vie économique, culturelle et politique d’une société. Elle est le résultat de la combinaison de ce qui suit : la construction sociale des races comme réelles, différentes et inégales (racialisation); les normes, les processus et la prestation des services utilisés par un système social (structure); les actions et les décisions des gens qui travaillent pour les systèmes sociaux (personnel)1.

Dans cette définition, on comprend qu’il existe trois composantes :

  • La composante de racialisation ;

  • La composante structurelle ;

  • La composante personnelle.

Composante de racialisation

Basée sur cette idée qu’il y aurait une « race » dominante biologiquement, cette conception « pseudo scientifique » datant de l’époque coloniale a été invalidée il y a longtemps. En revanche, elle a permis aux empires coloniaux pendant des siècles de justifier leur mission «civilisatrice». L’une des principales manifestations du racisme au sein de cette structure est la discrimination raciale. Celle-ci peut être opérée par une personne, un groupe ou une organisation en position de pouvoir sur les personnes racisées et les personnes autochtones.


Composante structurelle

Cette composante réfère au système social nourrissant un principe d’oppression, qui se perpétue dans le temps et dans les nombreuses sphères de la société. Le racisme systémique n’est donc pas l’affaire d’un seul secteur. Ce système engendre des inégalités dans de nombreux domaines, notamment ceux du travail, de la santé, de la justice, de la sécurité, de l’éducation, et du logement. Ces inégalités portent des atteintes directes aux droits des personnes racisées. Cette structure ne contribue pas nécessairement de façon consciente à perpétuer le racisme systémique, mais a été construite d’une façon qui ne considérait pas forcément les réalités différentes et inégalités existantes dans la société. La conséquence étant que plutôt que d’aider tous et chacun à évoluer de façon équitable, elle creuse de plus en plus certaines inégalités, engendrant par le fait même différentes formes de discrimination.

Composante personnelle

Cette composante qui porte sur l’aspect personnel et individuel, met de l’avant qu’il existe des individus qui contribuent à ce système. Cette contribution, qu’elle soit consciente ou inconsciente, agit comme facilitateur à la pérennisation et prolifération du racisme systémique.

Selon la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, le racisme systémique est en fait le résultat de l’interrelation et de l’influence entre ces trois composantes. Il y a des structures auxquels des individus contribuent, ce qui crée un phénomène de racisation, qui vient ensuite assurer la pérennité et la reproduction du racisme systémique dans toute la société, et ce de façon temporelle et intersectorielle. Lutter contre celui-ci commence donc par prendre conscience de ces trois composantes, et par les affronter simultanément. Ce n’est cependant pas le combat d’une seule personne, et celui-ci commence par une prise conscience et une rééducation.

Pourquoi est-ce que Talsom parle de racisme systémique?

La mission de Talsom est de créer un impact positif à travers l’humain, l’innovation et la technologie. Le Jam est une session d’idéation qui s’inscrit dans un projet d’innovation social qui utilise le Design Thinking comme méthodologie. Ce n’est qu’une infime portion du projet que nous faisons chaque année. Nous accompagnons un organisme ou une association de bout en bout et le Jam est une moyen pour accélérer la phase d’idéation tout en sensibilisant la population à la cause qui est au cœur du projet. L’objectif est de trouver collectivement par la collaboration une façon de répondre au complet ou en partie à ce défi social au sein des entreprises. C’est par une démarche d’empathie et de prise conscience que nous souhaitons mobiliser la communauté des affaires, la société civile, les OBNLs et les organismes publics pour, ensemble, répondre au racisme systémique et donner la possibilité aux entreprises québécoises de se doter des outils nécessaires pour pouvoir intervenir en entreprise.



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